Articles parus dans le magazine Mieux-Être/MJ au Brésil: janvier à avril 2009/Vivre à la montréalaise

Capoeira: une mise en forme à la brésilienne!

Par Marie-Josée Richard

Vous avez toujours voulu avoir élégance, style et équilibre? Alors, pourquoi ne pas essayer la capoeira? Cet art martial venu du Brésil se définit comme étant une danse simulant un combat ou encore, un combat simulant la danse! Entrez dans la roda, ce cercle où deux joueurs peuvent s’affronter… sans jamais se toucher! Et on peut en faire, même à Montréal! Que legal!

La capoeira à travers les siècles

Aux racines de la capoeira, la culture africaine. Entre 1540 et 1800, plus de deux millions d’esclaves du continent noir ont été forcés à travailler sur des plantations de canne à sucre ou de café au Brésil. On leur interdit alors de renouer avec leur culture par le chant ou la danse. En réaction à cette oppression, les esclaves ont développé en secret cette nouvelle forme d’expression, la capoeira, signifiant « en se cachant dans les herbes ».

Puis, dans les années 60 et 70 du siècle passé, la capoeira s’est transformée radicalement. On a délaissé l’aspect expressif, simple et spontané pour instaurer un cadre plus rigoureux, inspiré des arts martiaux asiatiques.  » Au Brésil, la capoeira est presque plus populaire que le soccer! C’est un art martial qui se combine à de la musique, de la danse et de l’autodéfense! » lance Sapo Alves, un adepte de la capoeira. Saviez-vous que la capoeira est à présent l’un des arts martiaux se répandant le plus rapidement à travers la planète ?

Quelles sont les qualités recherchées?

« Ce n’est pas un préalable d’avoir déjà suivi des cours de danse ou pratiqué un art martial, mais ceci peut grandement aider » soutient Dominic Antoine, un professeur de capoeira à Montréal ayant fait ses armes en breakdance, en hip hop, avec les danses latines et plusieurs arts martiaux avant de se mettre sérieusement à la capoeira, il y a douze ans.

Ne devient pas un bon capoeiriste qui veut : même le parfait gymnaste pourrait ne pas y exceller. « La difficulté réside à intégrer les mouvements dans un petit cercle. Même si vous savez faire un saut arrière, il n’est pas dit que vous arriverez à le faire lors de la roda. » précise Disnei Da Costa Melo, professeur au Centre culturel brésilien à Montréal et adepte de la capoeira depuis 23 ans. À des niveaux avancés, les capoeiristes, soit les joueurs de la capoeira, mettent de l’avant des mouvements acrobatiques parfois très spectaculaires… et ce, sans chorégraphie !

« Les deux plus importantes qualités du capoeiriste sont la force et la flexibilité, mais il ne faut pas négliger non plus l’équilibre, la coordination, sa personnalité, ses habiletés à improviser et à être original… et savoir chanter! » dit celui que l’on surnomme Peninha, soit « petite plume » en portugais. Il est d’avis que les meilleurs élèves sont ceux qui sont motivés à apprendre… et qui sauront pratiquer sans relâche pour perfectionner leur art !

Une discipline qui touche l’esprit

« À force de pratiquer cette discipline, elle finit par faire partie de nous. À l’extérieur des cours, on fredonne les chansons et on pense constamment aux mouvements. En ce sens, la capoeira peut devenir une religion! » estime Disnei Da Costa Melo.

« À la manière d’une partie d’échec, la capoeira peut être très exigeante mentalement : il faut réfléchir, prévoir les coups de son adversaire et être tactique pour le faire tomber dans nos pièges. » révèle Dominic Antoine, professeur à l’école Formada Pirata. « À force de pratiquer, on en vient à avoir plus de discipline et de confiance en soi. On développe un meilleur contrôle de ses émotions et de ses impulsions; on apprend aussi à se connaître et à respecter ses limites » confie le professeur.

« Les bénéfices de la capoeira sont sans fin. Non seulement vous améliorerez votre force physique, votre flexibilité et vos réflexes, vous développerez aussi vos talents musicaux, tout en découvrant une culture dotée d’un riche héritage historique. »écrit Mestre Poncianinho dans le livre Essential Capoeira – The Guide to mastering the art. Tentant, n’est-ce pas?

La capoeira, c’est pour qui?

« Quel que soit votre âge, votre nationalité ou votre forme physique, on peut pratiquer la capoeira. » insiste Peninha. Une dame de 70 ans a même déjà participé pendant près d’un an au cours de Dominic Antoine… comme quoi il n’y a pas d’âge pour avoir la capoeira dans le sang!

Qui devrait essayer? « Surtout ceux qui aiment se lancer dans de nouvelles activités et relever des défis » de poursuivre le maître capoeiriste. Sachez que les chansons ainsi que les noms des instruments et des mouvements sont en portugais. On doit donc être ouvert aux rites et au folklore brésiliens, mais aussi… être prêt à apprendre une langue étrangère! Você jà fala portugues ? Que legal! (Vous parlez déjà le portugais? Super!)

Comment se déroule un cours?

La séance s’ouvre avec des étirements suivis d’échauffements comme du jogging, des redressements assis ainsi que des push-ups. Puis, on enchaîne avec des mouvements répétitifs de bras et de jambes comme des coups de poing, des coups de pied ainsi que différentes esquives. Puis, on vous montrera comment les enchaîner de la manière la plus fluide possible. Finalement, vous serez invités à participer à un duel, dans ce cercle appelé la roda. Ce sera à vous de jouer!

Quoi apporter? Une bouteille d’eau ; c’est qu’on peut brûler 500 calories en une seule séance ! En ce qui a trait à votre tenue vestimentaire : misez avant tout sur le confort. Un ensemble fait de matière extensible comme une camisole sport et des pantalons de jogging ou de yoga sont de mise. Des souliers de course? Ils ne sont pas nécessaires, car on pratique la capoeira pieds nus! Bonne roda!

Où en faire?

À Montréal :

Centre culturel brésilien à Montréal

Formado Pirata – (514) 812-0149

En Estrie :

Graduado Takaka

Livres sur la capoeira (disponibles à la Bibliothèque nationale) :

Capoeira, ou, L’art de lutter en dansant, par Cécile Bennegent, aux Éditions Noisy-sur-École, 191 pages, 2006.

Essential capoeira : the guide to mastering the art, par Mestre Ponchianinho, aux éditions Berkeley, 128 pages, 2008.

+++

Première parution de cet article dans le no 33 du magazine Mieux-Être, soit en novembre 2009.

Vous avez aimé ce texte? Merci de ne pas le reproduire sans la permission écrite de Marie-Josée Richard, en respect de ses droits d’auteur. Pour toute question sur les droits d’auteur, consultez le site de l’AJIQ et de Copibec.

Source des images: Dreamstime

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4 réflexions sur “Capoeira: une mise en forme à la brésilienne!

  1. Bonjour Marie-Josée!

    Petite précision: il y a deux types de capoeira: la capoeira régionale dont tu parles et la capoeira angola, dite capoeira traditionnelle. Cette dernière se pratique avec des souliers de course contrairement à la capoeira régionale.
    On voit plus souvent la capoeira régionale en démonstration, car elle est plus acrobatique et « impressionnante ». La capoeira angola, quant à elle, se pratique plus près du sol et le rythme est plus lent.

    Une école de capoeira angola à Montréal:
    Grupo de capoeira Semente do Joge de Angola

    http://www.capoeiraangola.ca/

    Cours pour débutants les mercredis soirs et samedi après-midi.
    Le premier cours d’essai est gratuit!

    La contramestre (professeure) s’appelle Colette et elle a plus de 50 ans, je vous mets tout de même au défi de la suivre!!!

    Au plaisir de vous croiser un jour dans la roda!

  2. Bonjour Marie-Ève,
    Merci pour ces précisions, qui complètent à merveille mon article. Maintenant les internautes auront vraiment le choix: soit essayer la capoeira régionale ou angolaise. Super!
    J’aimerais bien essayer la capoeira. Je voulais le faire dans le cadre de cet article, mais j’étais si pressée par le temps que ça n’a pas été possible. Au Brésil et à Montréal, j’ai assisté à de nombreux spectacles de capoeira régionale, sans en faire l’essai non plus… que pena, en?

    Oui, j’aimerais bien m’y mettre. Peut-être à bientôt alors!

  3. Salut MJ! Super ton article.

    Pour ton info, aux mois de septembre-octobre 2010 il y aura plein d’activités dans les nombreux groupes de montréal, par ex.

    ABADA (www.abada-canada.com) aura un batizado avec ateliers, et les autres groupes de montréal aussi auront des activité, je t’invite à consulter leurs sites web respectifs.

    Merci de faire la promo de notre art!

    A+

  4. Bonjour Georges,
    Je suis bien contente que mon article t’ait plu! Si ça m’adonne, je viendrais bien faire un peu de capoeira avec vous! Tiens-moi au courant des prochaines activités et autres! À+

    MJ

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